Dans une nuit noire comme de l’encre, Ion et Gamin s’appellent, se cherchent et se toisent à la lueur de leurs lampes-tempête, aussitôt remplacés par de fatales beautés qui trinquent à vous, Public !
À boire pour commencer, et du vin chaud comme on en sert aux armées avant l’appel de la charge, amené dans le corbibar qui rend la petite mort joyeuse, quand le public a chaud au coeur, servi par tout ce beau linge, pas froid aux yeux… et pas aux fesses non plus…
Un cheval qu’a de l’appétit, qui mange son assiette et, amateur de tango, esquisse aux bras d’une belle quelques pas tournoyants.
Place! Place au carrousel des militaires, au pas harassé et tragique de la retraite tout en volte, et au trot et au galop, petit doigt sur la couture, regard triste, nom d’un chien ! Et braoum ! c’t’affaire se barre en voltige, et les filles se déshabillent et se poursuivent ! Nom de Dieu ! Gare, gare aux cosaques qui déboulent en voltige… !
Quand le sable retombe enfin sur la piste, apaisé, que les musiciens soufflent sur leurs doigts, c’est Babouche l’ânesse qui débarque, fameuse bête butée et burlesque…
Et d’autres histoires, d’autres exploits ! Phébus le doré, cabreur d’amazone en doux dialogue, tourner autour du cheval sacré, lui botter un pied de nez…Érotiser notre propos; les chevaux aprés tout ont un cul !
Vasco, tout en chinoiseries, traceur de motifs, piaffeur aux longues rênes,
Domingo en classique exotique sur les accents du gamelan indonésien, pas à pas, figures à figures
Et à la toute fin dans le noir, dans le feu, les chevaux en liberté qui se poursuivent, nous volent la place et nous virent.
Cruelle faiblesse que de les aimer, qui nous fait tourner le dos à nous-mêmes
Mais bon, diluons-nous…Soyons cheval !
En fin de compte, c’est ça la Guinguette Cavale
Un guignol joyeux pour petits et grands. Un plat en sauce avec de la musique, la cavalerie et les indiens, de l’accordéon tout style, de la polka yiddish et du balafon.
Et tout cela finira en bal, invités par un dernier verre, nous danserons ensembles
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